Portrait : Mathieu Zacchi photographe

Les Entreprises Ephémères pour l’Emploi, c’est avant tout une aventure humaine. Pendant 6 semaines, des personnalités, des savoir-faire, des histoires se rencontrent pour créer des moments magiques. Les talents se mettent au service d’un projet commune, comme l’a fait Mathieu Zacchi, associé au sein de Pep’s Provence, l’Entreprise éphémère d’Arles.

En recherche d’emploi en tant que photographe à Arles, Mathieu a su saisir les instants forts de l’entreprise, avec ce qu’on aime appeler son « oeil de photographe ». Il vous raconte aujourd’hui son parcours, comment il capte les scènes, et ce qu’il ressent au travers de sa mission de photographe officiel de Pep’s Provence.

Portrait : Mathieu Zacchi, photographe arlésien

Mathieu Zacchi : « Figer à tout jamais une image qui raconte une histoire… une image qui laisse place aux rêves… une image qui témoigne. »

Mathieu Zacchi a 37 ans, et il en a passé plus de vingt derrière un appareil photo. Il s’est intéressé à la photographie tôt, attiré par cet art qui semblait si proche de sa personnalité.

« Depuis tout petit, j’ai toujours été en retrait comme pour mieux observer le monde qui m’entoure. Regarder les gens, apprendre à les connaitre rien qu’en analysant leurs faits et gestes ainsi qu’en les écoutants. J’ai depuis toujours ce sentiment d’être plus à l’aise en tant que témoin plutôt qu’acteur de notre société. C’est donc tout naturellement que je me suis intéressé à la photographie. Cet art qui permet d’observer et de capturer, lorsque l’on souhaite, des moments de vie. Figer à tout jamais une image qui raconte une histoire… une image qui laisse place aux rêves… une image qui témoigne. »

Mathieu Zacchi – Entreprise Ephémère Arles

Un bon photographe est un photographe qui sait se faire oublier. Un photographe qui se fait discret pour laisser les scènes se dérouler naturellement. Pour laisser les acteurs d’un moment s’exprimer, sans le filtre du regard de l’autre. Avec sa capacité à se mettre en retrait, à observer les personnes et les instants, la vocation de Mathieu Zacchi était toute trouvée.

« A 16 ans, je pénètre donc dans l’univers de la Photographie en préparant un CAP Photographe. Reportage, studio, laboratoire (développement entièrement manuel s’il vous plait), Photoshop mais aussi cours de dessin artistique et d’Histoire de l’Art ; je fais avec joie et passion le tour de l’univers de Cartier-Bresson, Depardon, Doisneau, Capa et autres grands photographes qui ont marqués leur époque.

Plusieurs stages en entreprises notamment au service communication du Conseil Départemental ; dans un centre de formation à Photoshop ; m’ont montré cet univers et la réalité de ce métier que je résume personnellement en deux seuls mots : observation et anticipation. »

« Regarde ! Non Non ! Pas avec tes yeux. Regarde avec ton appareil. »

« C’est mon dernier stage qui m’a dévoilé un tout autre coté de ce métier. Une connaissance m’avait parlé d’un tout petit photographe de village, perdu au fin fond de l’Ardèche. Un photographe rural, à « l’ancienne », ce qui déjà à l’époque (nous sommes en 2002) était devenu rare. Même pas encore majeur, je décide de louer un studio et de m’imprégner de son univers et savoir-faire.

Freddy Brown. Je me souviens encore de son nom. Sa barbe et son style « baba cool », toujours pieds-nus dehors, refusant toute technologie et se contentant du strict minimum, m’ont séduit. Il était à l’opposé de mes Maitres de stage précédent.

Avec lui, j’ai découvert « la vraie photo » comme il disait.

Viel appareil photo argentique, patience, observation, réflexion avant d’appuyer sur le déclencheur et surtout cette phrase :

«Regarde ! Non Non ! Pas avec tes yeux. Regarde avec ton appareil. Regarde et comprend la scène qui se déroule dans ton objectif photo. Et lorsque tu comprendras, tu feras la photo qui fera la différence. Tu retranscriras, avec fidélité, l’émotion et les regards dont tu as été le témoin ».

Cette phrase, dont chaque mot résonne encore dans ma tête, je m’en souviendrai toute ma vie car elle résume à la perfection la photographie.

Mathieu Zacchi – Entreprise Ephémère Arles

Il m’a également appris à transmettre l’amour de ce métier, en me « forçant » à effectuer des démonstrations et des explications auprès d’enfants,  et un développement photo en chambre noire à l’aide d’un labo photo bricolé dans son petit camion. Il avait senti, bien avant tout le monde, le tournant du numérique arriver à grands pas et, en fidèle réfractaire, il mettait un point d’honneur à transmettre aux plus jeunes le savoir-faire d’antan.

Comme il avait raison…

« Désolé, le métier de photographe t’a choisi. »


« Et cette dernière phrase, à la dernière minute de mon stage :

«Mathieu. Tu as été un excellent disciple. Mais tu ne deviendras pas photographe désolé. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu es né photographe ! Tu l’es déjà ! C’est inné chez toi et ça tu n’y es pour rien. Désolé, le métier de photographe t’a choisi. Tu va devoir t’accrocher et ça ne sera pas facile tous les jours mais… bienvenu dans le monde des photographes professionnel ! »

Mon CAP en poche, je me suis vite confronté à la dure réalité : métier trop peu mis en avant, pratiqué par beaucoup de personnes inexpérimentées, des amateurs « aux dents longues » et à la « tchatche » intarissable qui font de l’ombre aux gens qui, comme moi, n’ont pas cette faculté à « savoir se vendre ».

  • Mon parcours en photo a donc connu des hauts et des bas :
  • Gendarme spécialiste photo au prestigieux Labo Photo Central de la Gendarmerie.
  • Reporter-photographe pour la Gendarmerie. Reporter-photographe pour une agence de presse.
  • Photographe pour une agence de communication.
  • Photographe en auto-entrepreneur.
Mathieu Zacchi – Entreprise Ephémère Arles

 

« Durant plus de 20 ans, j’ai capturé des sourires, des larmes, des émotions, des drames, du bonheur, des instants volés ou parfois figés. »

« J’ai réalisé 2 expositions collectives de photos taurines. J’ai eu de la joie de voir mes photos publiées dans la presse écrite : Le Figaro, Le Parisien, GQ Magazine, France Télévision, l’OL Magazine, des dizaines de cartes postales (dont certaines sur un quartier sensible afin d’élever encore plus la barre de la difficulté), …


Je me suis également formé à la vidéo et, en autodidacte, à la communication digitale ce qui me passionne également. Je m’occupe, seul, d’une page Facebook dédiée à l’actualité de ma ville et à l’entraide entre habitants (plus de 9500 abonnés). Et enfin, je me suis découvert une autre passion durant le premier confinement : l’écriture.

Passion concrétisée par la sortie d’un livre « 56 jours. Journal d’un confinement » disponible sur Amazon.

Lorsqu’on m’a proposé l’Aventure des Entreprises Ephémères, j’ai tout de suite accroché à ce concept et je me suis proposé de capturer cette expérience en photo. C’était pour moi une évidence. La grande difficulté fut le port du masque qui cache une partie des visages. Encore un Challenge à relever : se focaliser uniquement sur les regards, les gestes. M’immerger au sein d’un peu plus de 40 demandeurs d’emploi, tous motivés et volontaires, pour capter leurs quotidien, leurs craintes, leurs rires, leurs larmes.


Relever de véritables défis comme lors du shooting photo de ses près de 50 hommes et femmes, devant être réalisé impérativement en moins d’une heure. Des heures passées après la journée de travail, à sélectionner, retoucher, classer ces photos. Cela m’impose un rythme intense, une concentration et une observation permanente…

A ceux qui me disent que c’est une folie de persévérer après tant d’années, je leur réponds : « Non. Je suis tout simplement passionné ». C’est ce que j’aime. Et j’aimerai maintenant être photographe salarié ou tout simplement travailler au sein d’un service communication dans n’importe quel poste. »


Alors ? J’attends de vos nouvelles ?
Book photo : www.matzac.wixsite.com/photographe
LinkedIn : Mathieu Zacchi
Mon agence de communication digitale et visuelle : www.matzac-communication.fr

Galerie photo Entreprise Ephémère d’Arles

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