Qu’est-ce que le paradoxe d’Anderson ?

Mis en évidence par le sociologue Charles Arnold Anderson, le paradoxe d’Anderson est un concept économique très polémiqué. Il tente d’établir un lien entre le diplôme d’un enfant et celui de son père et indique par ailleurs une baisse relative de la rentabilité sociale et monétaire des diplômés. Cependant, qu’en est-il réellement ? Voici l’essentiel à savoir sur le paradoxe d’Anderson.

Définition et lexique du paradoxe d’Anderson

Le paradoxe d’Anderson est un illogisme empirique qui se traduit par le fait que malgré un niveau de diplôme plus accru que celui de leurs parents, les rejetons n’arrivent pas à atteindre un statut social plus élevé. Il démontre qu’avoir une distinction supérieure à celui de ses géniteurs ne confère pas automatiquement aux enfants une situation communautaire plus grande.

Dans les faits, le lien entre emploi et diplôme aurait évolué dans le temps. Auparavant, il n’était pas indispensable d’avoir un grand diplôme pour accéder à un poste important. Au fil des années, cela est devenu une nécessité. Parfois, cette condition n’est pas suffisante pour atteindre une position sociale élevée. C’est d’ailleurs un doute jeté sur l’idée de la mobilité grégaire par l’école. Il s’agit donc d’une remise en cause d’une certaine forme de méritocratie.

Les enjeux du paradoxe d’Anderson

L’enjeu majeur de ce paradoxe est lié à la scolarisation. En effet, pour les individus pris séparément, le développement de cette dernière n’est plus une condition sine qua non à l’amélioration du statut social. Ceci s’explique par la forte progression du nombre de personnes ayant un diplôme élevé par rapport au nombre de postes auxquels ces diplômés correspondent entre la période des pères et celles des fils.

Cet état des choses pousse certains de ces diplômés à accepter des postes moins élevés dans la hiérarchie que celle de leur parent et donc une position sociale inférieure. On parlera dans ces cas d’une dépréciation des diplômes. En outre, le capital social est aussi considéré comme un facteur pouvant jouer dans la compétition pour les salariés valorisés. Il peut de même s’agir d’une variation dans le temps du lien entre l’accessit et l’emploi.

Les indicateurs du paradoxe d’Anderson

Pour mettre en évidence le paradoxe d’Anderson, bon nombre d’indicateurs ont été mis en place au cours des diverses études. Parmi ceux-ci figure un tableau statistique qui relie le niveau relatif du diplôme des rejetons par rapport à leur géniteur. Il inclut pareillement leur position sociale relative mesurée par le groupe socioprofessionnel d’appartenance.

Par exemple, un tableau du paradoxe d’Anderson a été réalisé en France en 1993 (Enquête de l’INSEE). Il montre que 23 % des enquêtés (fils âgé de 40 à 59 ans) qui ont un niveau d’étude égal à celui de leurs pères relèvent d’une classe socioprofessionnelle inférieure à celui de leur père.

Les erreurs fréquentes liées à ce paradoxe

L’erreur la plus fréquente est d’employer le paradoxe d’Anderson pour affirmer que les diplômés n’ont plus d’utilité. Dans les faits, 53 % des personnes âgées de 40 à 59 ans en 1993, qui détenaient un diplôme supérieur à celui de leur père, étaient dans une catégorie socioprofessionnelle supérieure à celui de leur géniteur. Ainsi, le lien entre la position sociale et le niveau d’instruction reste solide d’une génération à une autre.

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