Jean-charles Blanc, directeur Pôle Emploi Bouches du Rhône

Jean Charles Blanc, directeur de Pôle Emploi Bouches du Rhône: «Aujourd’hui, on ne peut plus avoir la même approche avec les demandeurs d’emploi et les entreprises»

Depuis 2020, les Entreprises Ephémères bénéficient du soutien du Plan d’Investissement dans les Compétences, un financement alloué par l’Etat et piloté par Pôle Emploi. C’est grâce au PRIC Pôle Emploi, que nous pouvons ouvrir nos entreprises sans statut juridique qui accompagnent les demandeurs d’emploi dans toute la France.

Nous avons rencontré Jean Charles Blanc, directeur de Pôle Emploi dans les Bouches du Rhône. Il nous explique ce qu’est le Plan d’Investissement dans les Compétences, ce qu’il finance et pourquoi le projet des Entreprises Ephémères correspond aux enjeux du PRIC.

 

3 axes un seul enjeu : la durabilité de l’emploi

 « Derrière l’acronyme PRIC se cache une ambition de mieux accompagner les personnes en recherche d’un emploi, de les former durablement pour les conduire vers une situation professionnelle pérenne. Ce Plan d’investissement dans les compétences est un financement qui nous a été donné par l’Etat et qui a été confié à Pôle Emploi dans sa mise en œuvre avec la Dreets sur trois axes :

Premier axe : qualifier les demandeurs d’emploi sur l’insertion durable.
C’est-à-dire que nous ne souhaitons pas simplement avoir des formations pour former mais que les personnes qui entrent sur des formations le fassent sur des formations qualifiantes qui leur permettent de trouver un emploi sur une durabilité la plus longue possible.

Le deuxième axe c’est ce qu’on appelle la préqualification
Tous les demandeurs d’emploi n’ont pas un accès direct à la qualification. Parce qu’ils n’ont pas le niveau, parce qu’ils ont des problèmes en mathématiques, en lecture… Tous les métiers ne sont pas accessibles directement. Nous avons donc un axe de préqualification qui peut être de l’alphabétisation. Nous essayons de faire ce que nous appelons des parcours sans couture. C’est-à-dire que nous ne faisons pas une préqualification et terminé. On peut faire une préqualification, puis une seconde à viser d’intégrer un parcours de qualification…

Le troisième axe c’est ce qu’on appelle l’innovation et c’est sur ce volet que sont financées les EEE.
Aujourd’hui, nous ne pouvons plus avoir la même approche avec les demandeurs d’emploi et les
entreprises. Nous essayons donc de trouver de nouvelles approches innovantes.
Un exemple : Si vous mettez des demandeurs d’emploi à apprendre le code de la route dans une salle, au bout de deux jours ça ne marche plus. Pour les fidéliser et les convaincre à aller au bout de la formation, il faut trouver de nouvelles pédagogies. Avec les auto-écoles nous utilisons les jeux vidéo. Cela permet d’apprendre le code de façon ludique!

Le volet innovation, c’est apprendre de nouvelles ingénieries pédagogiques.”

« Ce qui nous a intéressé c’est le concept d’associés, les demandeurs d’emploi qui viennent sont partie prenante du projet. »

Toujours selon Jean-Charles Blanc : « avec les Entreprises Ephémères il y a une mise en situation comme si les demandeurs d’emploi étaient dans une entreprise. C’est une entreprise virtuelle, mais c’est une entreprise avec des fonctions et un climat ! Ils avancent ensemble, de manière très solidaire. Si l’un trouve un emploi et que ça ne marche pas pour lui, il donne l’information à l’autre et ça c’est particulièrement important. Il y a des taux de réussite phénoménaux en termes d’insertion. Enfin, en dehors des compétences professionnelles, les habiletés, les postures, le savoir-être c’est peut-être ce qu’il y a de plus important pour une entreprise lors du recrutement, et les Entreprises Ephémères c’est une formidable pépinière de Soft Skills. »

Didier Krief, co-fondateur des Entreprises Ephémères au sujet de l’action PRIC :

« Notre courbe d’expérience après de plus de 28 éditions au national prouve que nous pouvons accueillir dans ce programme des futurs talents de marchés dits en tension sur les problématiques de recrutement. Pôle Emploi est un atout dans le développement des EEE et pas uniquement sur le volet du financement ! Les équipes PE sont impliquées dans les dispositifs dès lors qu’elles se sentent actrices des actions menées sur leur secteur. Nous exploitons les outils créés par Pôle Emploi qui sont précieux dans nos démarches : La bonne boite, la bonne formation, ITM, cartes de visite… pour en citer quelques-uns.

Nous organisons en amont des informations collectives avec les DE, des moments de sensibilisation avec les conseillers Pole Emploi afin de les accompagner dans la construction d’un pitch entraînant et performant et sur les attendus du parcours des EEE. Nous communiquons avec les équipes et c’est ce qui nous permet de dire que Pôle Emploi a vraiment compris notre philosophie. Notre dispositif est l’occasion unique de prouver que chacun a sa place dans une entreprise et donc dans notre société actuelle ! »

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