Quiet quitting : ces salariés qui renoncent à leur travail sans quitter leur entreprise

Faire le strict minimum au travail, c’est ce qu’on appelle le “quiet quitting”. Cette expression venue du réseau social Tik Tok décrit un phénomène : celui de salariés découragés qui ne quittent par leur entreprise, mais leurs missions ! Ils continuent à venir au travail et à effectuer leurs tâches, mais sans l’enthousiasme et le dynamisme d’autrefois. Ils ne se plaignent pas, ne font pas de vagues et sont discrets. Mais on peut dire qu’ils sont là sans être là en somme.

Cette dynamique secoue le secteur RH depuis plusieurs mois, certains la qualifient même de “risque” pour les entreprises, ou encore de vague avec le même niveau de danger de ce qu’on appelle déjà “la grande démission”. Pourquoi les salariés en viennent à ce renoncement silencieux ? Comment l’entreprise peut-elle prévenir cette tendance ?

Pourquoi les salariés renoncent-ils ?

Les salariés qui renoncent à leurs missions, le font pour différentes raisons. Manque de reconnaissance, besoins non satisfaits, sentiment de ne pas avoir d’avenir dans l’entreprise, ennui ou démotivation,…autant de sentiments qui s’installent avec le temps. Le quiet quitting résulte aussi souvent d’une problématique du salarié avec ses supérieurs. Un manque de communication et donc d’écoute qui permettrait par ailleurs de déceler les premiers signes de renoncement entre les managers et les employés, fait partie des causes de renoncement.

C’est en fait un symptôme de l’évolution de la considération pour le travail. Du moins des critères de ce qu’est un “bon travail”. Parmi les critères de sélection d’une entreprise par les candidats pour un poste, on retrouve ainsi dans le top l’équilibre entre vie professionnelle et familiale.

C’est aussi une tendance de l’ère post covid. Dans une enquête IFOP pour la Fondation Jean Jaurès sur Les Français, l’effort et la fatigue, 37% des Français reconnaissent être moins motivés par leur travail qu’avant le Covid. 

Quand le travail perd de son sens, on investit son temps ailleurs. Les années Covid ont changé le point focal. Ce qui prime désormais, c’est la sphère privée.

A quoi reconnait-on un quiet quitting ?

L’idée du quiet quitting est de ralentir. Ralentir le rythme et la charge de travail. Les décrocheurs discrets sont souvent toujours autant passionnés par leurs métiers, mais lassés de leurs conditions de travail. En réalité, le quiet quitting est aussi un signe d’épuisement. Un trop plein impossible à solutionner qui conduit à l’extrême inverse : le désintérêt.

Les symptômes du quiet quitting sont donc un manque de motivation, une baisse des performances, un décrochage progressif et une perte d’intérêt pour le travail. Les personnes qui font un quiet quitting sont également beaucoup plus susceptibles de partir à la recherche d’un nouveau travail qui offre plus d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Un salarié qui renonce fera le strict minimum, refusera les heures supplémentaires, sera extrêmement vigilant au droit à la déconnexion, ne s’engagera pas spontanément sur des projets notamment de long terme.

Comment prévenir ce phénomène ?

Le quiet quititing a toujours existé, ce qui a changé ce sont bien les attentes des salariés qui auraient renforcé le phénomène.

Ces dernières années, nous sommes passés d’une organisation hiérarchique à une structure plus souple où nous n’avons pas nécessairement de notion hiérachique avec les personnes avec qui nous travaillons. Le travail hybride a assoupli lui aussi les conditions de travail et généré une réelle culture de la communication et du retour d’expériences.

Si certaines entreprises ont su s’adapter, d’autres sont restées bloquées dans d’anciens modèles alors même que les salariés ont fait de ces évolutions de réelles attentes.

La clé ? La communication et l’écoute ! D’une entreprise à l’autre, la culture du feedback et de la parole est très variable. Sans le renforcement des échanges entre les collaborateurs et les managers, il semble compliqué de prévenir le phénomène du quiet quitting.

La mise en place d’une vraie culture centrée sur l’innovation et la créativité, où les salariés seront encouragés à s’exprimer et à partager leurs idées, est essentielle pour inciter les salariés à s’investir sur des projets de long terme. Les managers doivent également être vigilants et veiller à ce que les salariés se sentent reconnus et valorisés dans leurs travail. Créer un vrai espace d’échanges libre, sans jugement où chacun est à la fois valorisé et peut exprimer ses difficultés, ses doutes et ses envies sont autant de pistes pour renouveler l’engagement d’un collaborateur.

Les actions préventives pour éviter le quiet quitting sont finalement simples :

– Développer une politique de bien-être au travail et veiller à ce que le salarié puisse prendre des pauses et s’accorder du temps libre ;

– Mettre en place un système de reconnaissance des efforts et des résultats ;

– Offrir une flexibilité sur les horaires et le lieu de travail quand c’est possible ;

– Favoriser la communication entre les salariés et les managers ;

– Impliquer les salariés dans la définition de leurs missions et des objectifs collectifs.

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