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Sybille

« Je m’appelle Sybille et je suis une maman comme une autre. »

C’est ainsi que débute le mail envoyé par Sybille à notre équipe le 24 avril 2022.
U
ne maman comme une autre ? Pour cette mère de deux enfants, c’est une mère dé.

Dé-bordée, dé-routée, dé-çue, mais aussi dé-bordante d’énergie et d’envies !

Notre rencontre avec Sybille relève de la magie du bouche-à-oreille. Quand elle a entendu parler de notre projet de collecte de témoignages sur la parentalité et l’emploi, elle a eu envie de nous adresser le sien. Plus qu’un témoignage, Sybille nous fait part de ses rêves…de pays nordiques et plus particulièrement de Norvège.

Pendant 8 mois, nous avons collecté des témoignages de parents, de recruteurs et de professionnels. Ils nous parlent souvent en anonyme de leurs difficultés ou des initiatives positives qu’ils ont mises en place. Ce dossier n’a pas pour vocation de récompenser les bons élèves et de fustiger les mauvais, mais uniquement de donner la parole sur un sujet qui concerne de nombreux Français.

Pendant 8 mois, nous avons collecté des témoignages de parents, de recruteurs et de professionnels. Ils nous parlent souvent en anonyme de leurs difficultés ou des initiatives positives qu’ils ont mises en place. Ce dossier n’a pas pour vocation de récompenser les bons élèves et de fustiger les mauvais, mais uniquement de donner la parole sur un sujet qui concerne de nombreux Français.

" Tout a changé pour nous...

...avec le confinement."

C’est souvent quand tout s’arrête qu’on prend le temps de regarder, de se regarder. Quand la machine s’est enrayée en 2020, la famille de Sybille s’est retrouvée comme d’autres devant une situation inédite : la fusion des temps de vie. 

Le métronome était jusqu’ici réglé : se lever, déjeuner avec les enfants, les déposer à l’école, travailler, rentrer, dîner avec les enfants, les coucher, se coucher. 

Le confinement a bouleversé la rythmique : se lever, déjeuner, travailler en s’occupant des enfants, dîner, les coucher, travailler, se coucher.

Sybille comme d’autres s’est retrouvée débordée. Réellement “terrassée” par la complexité de cette situation. Pour cette famille comme les autres, il y a d’abord eu la stupeur, puis le constat.

“ Avec le confinement je me suis rendue compte de ce que représentait le travail dans ma vie. Je veux dire, le temps que ça me prenait, et ce que ça impliquait pour ma vie de famille,” nous explique Sybille lors de notre rencontre. “ J’étais débordée, mais bizarrement, c’était le travail qui me semblait la cause de ce trop et pas le fait que je me retrouvais à gérer les enfants en plus de mon boulot habituel.”

Le constat qu’a fait cette maman bordelaise c’est celui que “ ses enfants lui manquaient. ”

“ Je me suis rendue compte que j’adorais m’occuper de mes enfants ! Que je loupais plein de moments chouette en travaillant tout le temps comme ça. Le confinement m’a aussi permis d’analyser mon temps productif. ”

Ce que Sybille appelle le “ temps productif “, c’est le temps réellement passé à travailler sur une journée de travail. Dans le cas de notre interlocutrice sur 8h30 passées au bureau, le temps de productivité est égal à 6h. 

“ Ca veut dire que ma journée de travail pourrait se réduire à 6h ! Mais comment dire à son patron que sur les 8h30 qu’il nous paie, on bosse réellement 6 heures ? “

Sybille n’a pas osé parler de ce constat avec ses supérieurs par crainte qu’ils “ rajoutent des missions.”

“ Je ne suis pas fainéante ! Mais si mon temps productif est de 6h c’est parce que les autres 2h30 sont comblées par des discussions inutiles, des réunions inutiles, et j’en passe. ”

Sybille estime que les phénomènes d’interruption du travail lui font donc perdre 2h30 de temps qu’elle pourrait répercuter dans sa sphère privée.

La solution se trouve ailleurs.

“ Même si ça évolue un peu, je crois que c’est foutu. On ne changera jamais en France.”

Après le premier confinement, Sybille a repris le chemin du bureau. Le métronome s’est réglé de nouveau sur la routine qu’elle connaissait. Rapidement, l’entreprise qui l’employait a été moins généreuse avec les jours de télétravail.

“ Le COVID ne l’était pas mais il semblait dernière nous. Mes supérieurs ont jugé qu’on était plus efficaces au bureau que chez-nous. C’est là que j’ai commencé à me renseigner sur les conditions de travail dans d’autres pays et que j’ai pu voir que les pays nordiques accordent beaucoup d’importance à la famille. ”

Souvent cités comme modèles en termes de conditions de travail, les pays nordiques séduisent. Clichés ou réalité ? Sybille a souhaité s’en assurer. 

“Je suis entrée en contact par les réseaux sociaux avec plusieurs expatriés en Norvège et Aude a fini par me répondre. Ca m’a fait rêver, j’en ai parlé à mon mari qui a accepté d’envisager le projet.”

Ce qui a tant donné envie à Sybille dans les descriptions d’Aude c’est la flexibilité.

“ Elle m’a expliqué qu’elle a 5 jours de congés maladie par enfant, qu’elle peut faire du “home office “ quand elle veut même en prévenant ses supérieurs le matin même ! Mais surtout que c’est mal vu de partir après 16h du bureau, et que les managers ont tendance à faire confiance aux salariés contrairement à la France. Il y a moins la culture du présentéisme en Norvège. Je pense que c’est ce qui change avec la France.

En France c’est mal vu de ne pas faire des heures. Je trouve ça débile car finalement on ne regarde même pas ce qui est réellement produit pendant le temps de travail. On s’intéresse plus au temps que le salarié a passé devant son ordinateur dans les locaux de l’entreprise. "

La suite ? Sybille rêve de grand nord et cherche activement un emploi là-bas, tout en étant toujours salariée dans l’entreprise citée dans son témoignage.

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