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Didier Krief

Didier Krief

logo de Breizh Me Up Cofondateur des Entreprises Ephémères, interviewé par Véronique Brettes sur France Bleu Armorique, vendredi 26 novembre.

Cette belle initiative porteuse, positive, elle est née dans votre cerveau ?

Didier : Elle est née d’une situation réelle. Il y a quelques années, il y a eu « une sortie de route », comme on dit communément. Ce moment où on est en haut et, d’un coup, on se retrouve tout en bas. On recherche un emploi, on se dit que ça va aller, et puis les mois passent, ça devient de plus en plus compliqué, plus personne ne vous appelle, vous envoyez des CV, personne ne vous répond… Donc ça part de là. C’est une histoire vécue. Avoir des personnes qui vous aident dans ces moments-là, avec lesquelles finalement on crée un vrai groupe : c’est ça le point de départ des entreprises éphémères.

Pour qu’il y ait une dynamique dans cette entreprise éphémère, vous comptez sur une mobilisation collective pour que le projet porte ses fruits.

C’est le socle, l’ancrage. Tout le monde cherche pour tout le monde. Le collectif au service de l’individu. Cela passe vraiment par l’implication de tous pour que cela fonctionne, c’est la clé du succès.

Depuis 2015, vous possédez du recul face à un tel projet. Quels enseignements peut-on en tirer ? Est-ce vraiment une bonne façon de retrouver un emploi ?

Rennes est la 20e édition [la 1ère en Bretagne, ndr]. On se rend compte que, quels que soient les territoires (hypers centres urbains, agglos de moyenne taille, espaces ruraux), ça fonctionne pour plusieurs raisons. Premièrement, chacun a besoin de se réunir, cela crée cette force collective. Ensuite, le marché de l’emploi est aujourd’hui très particulier, c’est un marché de réseau, un peu caché parfois. A travers nos actions, on réussit à capter des offres pas toujours visibles, et les entreprises apprécient d’aller vers des personnes qui sont « recommandées par ». Donc on est aussi dans une logique de réseau et ça marche.

L’entreprise éphémère mélange les genres et les secteurs d’activité, des personnes qui ne se côtoieraient pas forcément en temps normal.

Oui, c’est le reflet de la vie de tous les jours. Tous les styles, tous les âges. Des seniors, des juniors, des hommes, des femmes, des personnes en situation de handicap, et tous les métiers confondus. On a des gens qui ont Bac +6 et d’autres Bac -6. La force de ce dispositif, c’est de mélanger et d’avoir une représentation précise de ce que l’on vit au quotidien. Des personnes qui ne se seraient pas forcément rencontrées vont ici créer du lien. On se rend compte qu’on a besoin les uns des autres.

Quels sont les problèmes majeurs que les demandeurs d’emploi rencontrent la plupart du temps ?

L’isolement. La recherche d’emploi, c’est presque un vrai métier. Cela demande de l’organisation, de la méthode, et d’avoir accès à des recruteurs. Et les recruteurs aujourd’hui, ce sont plutôt des plateformes sur lesquelles on envoie des CV’s – facilement – mais vis-à-vis desquelles on n’a pas beaucoup de réponses. Donc quand on recherche un emploi, on est motivé au début, mais très rapidement ça commence à être moins facile. On s’enlise quand, au bout de quelques semaines, quelques mois, on n’a pas trouvé. Le rythme devient négatif, on commence à se coucher tard, à se lever tard, et ça casse la dynamique. Le matin, quand les associé(e)s arrivent à l’entreprise éphémère, ce sont de vrais moments de convivialité, on boit tous le café ensemble, on discute ensemble, on crée du lien. On est plus fort ensemble que seuls.

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